LE PORT DE CAMÉRAS CORPORELLES PAR LES POLICIERS PEUT-IL PERMETTRE DE LUTTER CONTRE LE PROFILAGE RACIAL ?
Résumé
La brutalité policière et le profilage racial ne sont pas des phénomènes nouveaux ni le résultat de quelques évènements isolés. Ils sont le fruit des conséquences du racisme systémique qui existe depuis très longtemps au sein des forces de l’ordre.
Pour combattre ce racisme, les citoyens se sont armés de leurs téléphones cellulaires et de leurs caméras pour filmer les épisodes d’inconduite policière, ce qui a donné lieu à de grands remous au sein de la société civile qui peut maintenant voir ce que de nombreuses communautés oppressées dénoncent depuis des décennies. De Rodney King à George Floyd, aux États-Unis comme au Canada, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour demander le port de caméras corporelles par les policiers afin de lutter contre le profilage racial. Cet article montre que les résultats obtenus jusqu’à maintenant dans l’implantation de caméras corporelles au sein des forces de l’ordre ne sont pas à la hauteur des espoirs suscités. En déconstruisant les mythes autour de la redevabilité des policiers par le port des caméras corporelles et de l’objectivité de la preuve vidéo, l’argument principal de cet article est que ces outils sont peu efficaces en droit criminel et en déontologie policière pour rendre imputables les policiers fautifs d’inconduite policière et de profilage racial. Il convient alors d’appeler à davantage de transparence et de débat public, afin de comprendre comment ces outils peuvent être partiellement utiles face à un enjeu éminemment complexe.
Mots-clés :
profilage racial, caméras corporelles, déontologie, police, racisme systémique, brutalité policière, George FloydTéléchargements
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