LA PERSONNE EN SON CORPS: L'ECLATEMENT DU SUJET
Résumé
À la maîtrise de la matière succède aujourd'hui celle du vivant, y inclus l'être humain, dans sa dimension comme dans son identité biologique. Face à cet éclatement du corps, devenu instrument pour la science et aussi objet d'industrie, et à la revendication de plus en plus grande de droits subjectifs, le législateur semble pris de court. En témoigne l'état du droit positif comme du droit de demain, où, transgressant les frontières entre les personnes et les choses, le corps humain oscille entre le sujet et l'objet, une différence de traitement que commanderaient à la fois les données scientifiques et les impératifs de santé publique mais qui semble tout autant gouvernée par les lois de l'économie. Cette logique binaire qui consiste à opposer le corps humain dans sa globalité, identifié ici au sujet, au corps, envisagé cette fois dans ses composantes, qui deviendrait alors appropriable, pêche par son incohérence car elle conduit parfois à disposer du tout, i.e. du sujet, comme d'un objet. Confusion des catégories, confusion aussi des concepts, comme ceux d'inaliénabilité et déxtrapatrimonialité, erreur aussi dans l'interprétation de la notion de droit subjectif qui, sauf à nier la liberté du sujet et à voler même son identité, ne saurait autoriser ce dernier à s'ériger en objet, telles sont les conclusions auxquelles en arrive l'auteur qui analyse le statut du corps dans le Code civil du Bas Canada et le Projet de Code civil du Québec.Mots-clés :
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Publié-e
1991-09-01
Numéro
Rubrique
Legal Commentary


